Échange de propriétés dans Saint-Jean-Longueuil : La cathédrale Saint-Jean-l'Évangéliste cédée à l'évêque diocésain

Vendredi, 9 Février, 2018 - 15:52
Aux prises avec des déficits opérationnels annuels et grevée d'une dette importante, la fabrique de la paroisse Saint-Jean-l'Évangéliste de Saint-Jean-sur-Richelieu respire mieux depuis jeudi après-midi. Le 8 février 2018, Mgr Lionel Gendron a annoncé que l'église patrimoiniale, construite dans la seconde moitié du XIXe siècle, est cédée au diocèse de Saint-Jean-Longueuil et que celui-ci libère la fabrique d'une dette de plus de 300 000 $.
 
En échange, le diocèse remet à la fabrique l'administration du Centre de ressourcement spirituel de Saint-Jean, un ancien monastère transformé en un immeuble multifonctionnel qui sera dorénavant le siège social de la fabrique et le lieu de travail du personnel pastoral et administratif de la paroisse.
 
Érigé en 1933, le diocèse de Saint-Jean-de-Québec - c'est alors son nom - doit se doter d'une cathédrale. L'église Saint-Jean-l'Évangéliste de Saint-Jean-sur-Richelieu est alors cédée à Mgr Paul-Ernest-Anastase Forget, le premier évêque du tout nouveau diocèse. En 1970, au lendemain du déménagement des services diocésains vers Longueuil, là où résident dorénavant la majorité des catholiques du territoire, la cathédrale de Saint-Jean-sur-Richelieu est rétrocédée à la fabrique paroissiale, tout en conservant son titre. C'est l'église Saint-Antoine-de-Padoue de Longueuil qui devient la cocathédrale du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, le nouveau nom du diocèse depuis 1982. Depuis jeudi, l'évêque diocésain gère maintenant... deux cathédrales.
 
«Cette église va demeurer un lieu de culte pour la population de Saint-Jean-sur-Richelieu», a assuré Mgr Gendron à la cinquantaine de paroissiens, prêtres et responsables municipaux présents jeudi après-midi dans les premiers bancs de la cathédrale.
 
L'échange de propriétés annoncé «va libérer la fabrique du poids financier que représentent les opérations courantes de la cathédrale». L'évêque donne l'assurance que «le diocèse ne louera pas cette cathédrale pour les services religieux» et que la fabrique pourra toujours recueillir et conserver les fruits de la quête dominicale et de la dîme annuelle.
 
«Les coûts des opérations courantes de cette cathédrale sont élevés mais c'est le diocèse qui en prend maintenant la responsabilité», a annoncé l'évêque. On estime que ces coûts annuels, notamment pour le chauffage et l'entretien du bâtiment, avoisinent 150 000 $.
 
De telles dépenses pèseront lourd dans le bilan financier de son diocèse, convient Mgr Gendron, qui rappelle que Saint-Jean-Longueuil «n'est pas un diocèse très riche» et que ces dernières années, l'institution a été contrainte de «vendre certaines propriétés et de couper dans son personnel pastoral».
 
«À l'avenir, il faudra avoir l'appui de partenaires, notamment à Saint-Jean-sur-Richelieu», a lancé l'évêque en jetant un regard en direction du maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Alain Laplante, assis dans le tout premier banc de la cathédrale. «Cet appui s'avèrera indispensable pour assurer l'avenir de cette cathédrale.»
 
«Tout en maintenant la vocation religieuse de la cathédrale, nous voulons aussi l'ouvrir au communautaire, au culturel et même au tourisme», a ensuite expliqué Mgr Gendron, se disant convaincu que «beaucoup de gens, y compris de Saint-Jean-sur-Richelieu, ne connaissent pas la beauté de ce lieu». Il souhaite qu'à la faveur d'un concert ou d'une activité publique, «ces gens entrent ici et en apprécient toute la beauté».
 
L'évêque de Saint-Jean-Longueuil souhaite que soit formée une corporation qui développera les volets communautaires, culturels et touristiques de la cathédrale.
 
 
François Gloutnay, Présence - information religieuse