Projet de loi 144 : « Un pas dans la bonne direction » selon Jean-Pierre Proulx

Mardi, 20 Juin, 2017 - 11:49
Le 9 juin, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a déposé à l’Assemblée nationale le projet de loi 144 devant notamment permettre à ses fonctionnaires d’inspecter les écoles illégales de la province pour vérifier si leur enseignement respecte la Loi sur l’instruction publique. La loi, qui doit entrer en vigueur en 2018, prévoit des dispositions afin que l’enseignement à la maison réponde aux mêmes exigences que celui dispensé dans les établissements scolaires.
 
Lors d’un point de presse, le ministre a dit souhaiter que chaque enfant puisse avoir accès aux mêmes services éducatifs, peu importe son statut ou sa religion. Il veut pour cela doter son ministère des «outils» et des «pouvoirs» adéquats.
 
Parmi ces nouveaux outils, fonctionnaires pourront avoir accès à la banque d’informations sur les citoyens détenue par le ministère de la Santé grâce à la carte d’assurance maladie. Ils seront ainsi en mesure de retracer les enfants qui ne sont pas scolarisés.
 
Par ailleurs, Sébastien Proulx a également mentionné qu’un projet de loi modifiant la Loi sur la protection de la jeunesse a été déposé afin de rendre plus facile une intervention des fonctionnaires.
 
Invité à commenter le projet de loi 144, Jean-Pierre Proulx, ancien journaliste du quotidien et ex professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, est d’avis qu’il représente «un pas dans la bonne direction. C’est ce qu’il fallait faire.»
 
Selon cet expert, qui a présidé le Groupe de travail ministériel sur la place de la religion à l’école entre 1997 et 1999, «le projet de loi est fondé sur un principe fondamental qui est le droit des enfants à l’éducation pour assurer à la fois leur développement personnel et leur participation à la vie commune».
 
Certains pourront s’étonner du fait que le gouvernement ait tardé si longtemps avant de se doter des pouvoirs nécessaires afin de s’assurer que les enfants, peu importe leur situation, reçoivent une éducation qui respecte la Loi sur l’instruction publique, croit-il. Mais il soutient que cela s’explique.
 
«Nous constatons qu’il y a des moments de crises dans la société qui favorisent des prises de conscience et l’action gouvernementale. Jusque-là, à part quelques intellectuels, des journalistes ou des citoyens plus au fait, plus sensibles à ces questions-là, personne n’intervenait. Cette situation n’empêchait pas la société de respirer et le gouvernement de gouverner.»
 
 
Yves Casgrain, Présence - information religieuse