Université Laval : Une nouvelle école d’été-pèlerinage unique au Canada

Mardi, 10 Avril, 2018 - 11:12
L’Université Laval offrira pour la première fois cet été une école d’été unique au Canada, puisqu’elle prendra la forme d’un pèlerinage de plusieurs jours.
 
L’idée a germé dans la tête d’Éric Laliberté, doctorant de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, qui se spécialise justement sur la question des pèlerinages. Il savait que de telles écoles d’été existaient ailleurs.
 
«Nous devenons la première université francophone à le proposer», dit-il. «Et on va le faire chez nous, en Gaspésie.»
 
Intitulée «Pratique pèlerine en Gaspésie – Vivre l’expérience pour mieux la comprendre!», l’école se tiendra du 18 au 25 août et vise à permettre de «développer un regard critique face au phénomène pèlerin».
 
Une première partie du cours de trois crédits, plus théorique, se tiendra en ligne. Ensuite, les participants se rassembleront pour un parcours de marche de six jours au cours duquel ils seront invités à «bâtir leur récit pèlerin», notamment grâce à une approche multidisciplinaire qui puise dans l’anthropologie et la sociologie. Une journée est prévue à la fin pour faire le bilan de l’expérience. Les crédits, eux, compteront pour la théologie et les sciences religieuses.
 
Les marcheurs emprunteront la Voie du Saint-Laurent – route historique de l’Amérique, sur la pointe de Gaspé et le Parc Forillon, puis entre Rivière-au-Renard et Percé.
 
«On l’offre cette école d’été aux trois cycles», précise M. Laliberté. «Elle s’insère dans n’importe quel profil, comme cours au choix. Elle offre le temps pour faire une pause, mais en même temps, elle permet d’aller chercher des connaissances dans un domaine dont on entend peu parler.»
 
Le chercheur s’intéresse depuis plusieurs années au phénomène des pèlerinages à pied. Il a une longue expérience en la matière avec Bottes et Vélo, un organisme qu’il a cofondé avec Brigitte Harouni et qui vise à promouvoir le pèlerinage en Amérique du Nord tout en offrant des démarches d’accompagnements pour les pèlerins.
 
«Au Québec, on comptait en 2010 six chemins de pèlerinage inspirés de Compostelle. Nous en avons aujourd’hui vingt-trois. Ça bouge beaucoup, et le Québec fait figure de précurseur dans ce domaine», explique-t-il, rappelant que depuis plusieurs années, des hordes de Québécois ont goûté à de telles expérience sur les chemins de Compostelle, en Europe.
 
Selon le doctorant, l’intérêt pour ces pratiques vient suppléer l’effritement de la vie paroissiale traditionnelle. De profondément catholique, l’expérience de la marche pèlerine déborde aujourd’hui de ce cadre pour atteindre un large éventail de sensibilités religieuses et spirituelles.
 
Il n’y a aucun prérequis pour s’inscrire, hormis répondre aux critères d’entrée habituels pour l’université. Le nombre de places est pour l’instant limité à seize. Les coûts d’inscription sont de 300 $, mais les étudiants-pèlerins doivent s’attendre à devoir débourser environ 750 $, car ils devront assurer leurs frais de transport, de nourriture et de logement.
 
 
 
 
 
Philippe Vaillancourt, Présence - information religieuse